Gran Manila, Kjartan Flogstad

Voilà un livre que j'ai eu bien du mal à lire, et pourtant voici que je le recommande! Ca s'explique, non?
Bon, alors d'abord, le livre je l'ai lu en traduction du néo-norvégien. Kézako? Un machin difficile à priori parce que déjà les noms des personnages rendent en comparaison celui de l'auteur abordable...Disons que pour le lecteur français l'accumulation de consonnes ne fluidifie pas la lecture...
Maintenant que j'ai fait ma franchouillarde, passons aux choses sérieuses. Je n'arrive pas à être d'accord avec les critiques qui présentent Union Carbide, l'entreprise mondialiste responsable entre autre du désastre de Bhopal, comme le personnage principal du livre. Une entreprise est une toile de fond, un révélateur de progrès et de désastres, mais absolument pas un personnage.
Un narrateur présente un panorama historique au long du XXème siècle de l'évolution d'une entreprise au travers de personnages intensément vivants, de ce genre de personnages qui vous accompagnent encore quand on a fermé le livre. (enfin, quand on a réussi à mémoriser leur nom!
Gran Manila, c'est le nom du café où les personnages se retrouvent, dans la petite ville de la côte pluvieuse de Norvège. Ce livre immense m'a bluffé par ses petites touches vives, tour à tour tendres, acides ou factuelles, comme le chapitre "la valeur de la vie humaine", qui ressemble à une communication dans un congrès d'économie, mais donne un sens profond au livre. J'ai beaucoup aimé les introductions de chapitres, sous forme d'emails avec l'expéditeur, narrateur supposé du chapitre, l'objet et le "copie à", qui indique généralement les autres personnages concernés par le chapitre.
Quand à l'exergue de chaque chapitre, présentes sur le format "mail", elle continue à faire réflechir lontemps après avoir posé le chapitre en cours.
Bon je reprendrai cet article quand ma fille sera occupée à autre chose que moi...
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